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Baidy Aribot « il ne faut pas donner un second mandat à ce pouvoir là qui a vraiment crée une misère totale dans notre pays »


onorableCette semaine, le député uninominal de Kaloum, Ll’honorable Baidy Aribot nous a reçus à son domicile, Boulbinet pour parler de la situation sociopolitique du pays. Le bras de fer entre l’opposition et la mouvance, la rentrée de Dadis Camara en politique, les nouvelles coupures de 20 000 GNF, la CENI et sa réaction après le report de la rencontre entre Dalein et Alpha Condé ont été des sujets abordés.

NB: Cette interview a ete réalisée avant la rencontre Alpha Condé- Celou Dalein Diallo

Honorable Baidy Aribot, vous avez récemment effectué une tournée européenne et américaine au nom de votre parti l’UFR, pouvez-vous nous dire brièvement les résultats obtenus ?

Vous avez effectivement raison. J’ai effectué une mission au nom du parti l’UFR sur les recommandations du président Sidya Touré, en tournée pour essayer de réorganiser les structures de notre parti aux Etats –Unis et en Europe, en vue de mobiliser nos troupes dans le cadre des échéances électorales à venir. La tournée était très bien passée. Nous avons vraiment mis en place des structures efficaces avec des gens de valeur au niveau des Etats-Unis. Nous avons essayé cette fois-ci de déconcentrer le mieux que possible nos structures dans les localités où il y avait assez de guinéens. Aussi nous avons donné naissance à des nouvelles structures dans certaines localités ou dans certaines villes ou dans certains Etats. Nous avons reçu même à créer une radio UFR aux Etats-Unis qui sera bientôt activée. Voilà donc grosso modo ce que nous avons fait. Nous pouvons franchement dire qu’aujourd’hui, l’UFR est dans une bonne posture pour devenir une grande formation politique aux USA avec des adhésions et des nouvelles structures qu’on a mises en place en Amérique du Nord.

Revenons en Guinée. L’actualité est toujours marquée par le bras de fer entre l’opposition et le pouvoir autour du chronogramme électoral annoncé par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Où en est-on ?

Pour le moment, c’est le statu quo. Mais quant à nous, au niveau de l’opposition je pense que nous avons voulu pour le moment arrêter les manifestations pour privilégier le dialogue et puis permettre aussi à l’opposition de tirer les leçons des différentes manifestations qu’on a faites. Puis changer et réfléchir sur des nouvelles stratégies par rapport aux prochaines manifestations au cas où le pouvoir ne revenait pas aux meilleurs sentiments pour que le dialogue soit effectué et que nos revendications soit prises en compte.

Le président Alpha condé a récemment annoncé à la presse qu’il n’est plus question de revenir sur le chronogramme annoncé par la CENI. Il a d’ailleurs dit qu’il s’associe fermement à la position de cette institution. Est-ce qu’à travers le dialogue que vous attendiez vous espérez la satisfaction de vos revendications ?

Bien entendu. Si le président de la République prend partie de la CENI, alors qu’il a dit qu’il n’a pas fixé la date, çà veut dire que c’est le président de la République qui manipule la CENI. Maintenant le problème est très simple, si c’est ainsi l’opposition va continuer à revendiquer. Et puis, il faut que il faut que l’ordre des élections soient conforme à la Constitution parce que le chronogramme de la CENI est une violation flagrante de notre Constitution et les textes en vigueur dans notre pays. Si donc le président de la République s’associe à cela c’est qu’il est le premier responsable qui viole les lois de ce pays. Et donc pour cela nous n’allons pas tolérer et nous allons continuer vraiment à mettre la pression pour que les lois de notre pays soient respectées surtout dans le cadre du processus électoral.

Pour quoi au nom de la paix, l’unité nationale et la cohésion sociale l’opposition ne va pas accepter d’aller aux présidentielles avant les communales ?

Mais l’opposition n’a jamais dit qu’elle ne va pas aux présidentielles. C’est là aussi la nuance. Le problème n’est pas là-bas, le problème c’est qu’il ne faut pas accepter les violations de la loi en tant que républicain. C’est là qu’il y a le problème. Maintenant si le pouvoir respecte les dispositions des lois de notre pays, nous n’avons aucun problème. Deuxièmement nous aimons que notre pays soit géré normalement et que celui qui est le garant de la paix et garant de ces lois là doive être le premier à respecter ces lois. Il ne faut donc pas accepter la violation de ces lois là au risque de mettre le pays dans une situation difficile. Il faut que le chronogramme électoral soit conforme à ce que la Constitution dit. Pour nous, il est hors de question, je dis bien hors de question qu’on accepte les violations de la loi. Maintenant, s’il y a des raisons évidentes qui amènent l’Etat à se conformer ou à ne pas se conformer aux dispositions de la loi mais nous, nous sommes vraiment satisfaits et nous sommes entrain de revoir la copie mais tout dépend de ce que le pouvoir met sur la table à examiner par rapport au processus électoral , au calendrier électoral qui seront soumis à l’opposition.

L’opposition pet-elle accepter le couplage des élections présidentielles et communales pour éviter de tourner en rond ?

Le problème, ce n’est pas de coupler les élections. C’est la faisabilité des élections qu’il faut voir. Si vraiment nous ne pouvons pas faire les élections communales qui sont des élections locales et les élections présidentielles qui sont des élections nationales, je ne vois pas pour quoi, on va les cumuler. Vous avez une CENI qui a qui a une incapacité insuffisante à gérer même une simple élection de quartier, vous voulez donc de leur dire de faire les deux élections là, c’est de mettre le pays dans une situation instable.

Cette semaine, l’ex-chef de la junte Moussa Dadis Camara a annoncé depuis Ouaga à la presse qu’il sera candidat aux présidentielles de 2015. Comment avez-vous accueilli cette sortie en tant qu’homme politique ?

Mais nous lui souhaitons la bienvenue dans le débat politique. Je pense que Dadis n’est pas n’importe qui, c’est un ancien Chef de l’Etat. Et puis en faite nous voulons les sphères politiques soient animées par des gens aussi qui ont eu l’expérience de la chose publique et qui aiment leur pays. Je pense que Dadis est l’un de leurs. Moi je ne vois pas d’inconvénients à sa venue en politique pour se présenter aux élections.

L’opposition aura-t-elle peur d’une alliance entre le parti de Dadis Camara et le RPG arc en ciel au cas où les deux s’entendent ?

Non pas du tout ! Ne pensez pas de ces manières de poser le problème. Ce que je vais vous dire est très simple, en aucun cas nous n’imaginons un tel scénario puis qu’il ne faut pas que la rentrée de Dadis soit une rentrée mort née. Vous comprenez, si Dadis aujourd’hui s’hasarde à être du côté du pouvoir, il se tire une balle dans le pied avant naitre en politique. Je pense qu’aujourd’hui, ce pouvoir et son parti ne sont plus le problème des guinéens. Les guinéens ont déjà conjugué Alpha et son parti et son pouvoir au passé.

Vous avez effectué au mois de Mars dernier si j’ai une bonne mémoire, une tournée en Guinée Forestière avec votre président Sidya Touré pour implanter votre parti, ne pensez-vous pas que l’arrivée de Dadis peut mettre vos efforts dans l’eau quand on connait la popularité de cet homme dans cette région où il est originaire ?

Non pas du tout ! On a renforcé nos bases, nos structures existent là-bas. L’arrivée de Dadis ne va pas nous inquiéter, il ne pourra que nous renforcer, renforcer notre position sur le terrain dans la mesure où s’il se bat pour l’alternance et le changement dans notre pays, il va bénéficier de notre main tendue.
La Banque centrale vient de mettre en circulation des nouvelles coupures de 20 000 GNF, en tant qu’ancien haut cadre de cette institution monétaire, quelles sont vos appréciations ?
Pour moi, c’est un non évènement. Les gens spéculent mais c’est normal qu’on améliore la circulation fiduciaire qu’on met aussi des nouveaux billets en circulation. Tout cela permet qu’à même de crédibiliser notre monnaie, cela permet aussi de rendre plus efficiente la politique monétaire dans notre pays et faire en sorte que la rotation perpétuelle des billets en circulation soit en même de profiter à la micro économie en général. Je pense que c’est une bonne chose. Mais comme les gens ne comprennent pas on pense que c’est pour venir alimenter l’inflation. Non, l’inflation ne s’alimente pas de cette façon. L’inflation ne peut être alimenté que quant il y a une création monétaire sans contrepartie et par le fait d’avoir pour conséquence une augmentation du prix des produits. Aussi qu’il n’y ait pas de synergie entre la politique monétaire et la politique budgétaire. Je ne vois pas franchement pour quoi les gens s’inquiètent. Çà arrive que les pays puissent mettre en circulation des nouvelles coupures de leur monnaie mais cela dit çà se fait dans le cadre d’une circulation fiduciaire bien adaptée.

Qu’est-ce qu’est devenu le mouvement « Tout Sauf Alpha » ?

TSA fonctionne bien. Il y a le coordinateur qui est à Matam, vous pouvez aller lui demander. TSA est une structure à part, ce n’est pas une structure qui m’appartient moi j’ai lancé les jeunes ont repris et aujourd’hui honnêtement, çà marche. Vous avez vu tout récemment TSA Sénégal est né, donc sur la toile, çà flamme.

Généralement, les pays frappés par une crise politique finiront toujours par former un gouvernement d’union nationale. Peut-on s’attendre un jour à la présence de Baidy Aribot dans le gouvernement Condé ?

Pour moi c’est un non évènement. Bon on ne dit jamais non en politique. Mais pour moi, ma priorité ce n’est pas d’être ministre, ma priorité aujourd’hui c’est d’avoir un processus électoral qui sera apprécié et qui peut crédibiliser notre démocratie. Ma priorité est que la Guinée puisse avoir des institutions fortes non des hommes forts. Ma vision et ma priorité est que le débat politique soit animé par des patriotes qui ont un niveau théorique très élevé pour ne pas que des médiocres qui veulent nous amener dans ces débats régionalistes, ethniques puissent avoir le dernier mot. Je pense qu’il y a plutôt des alternatives politiques plus importantes pour notre pays que de parler de gouvernement et autre chose. Parce que les gens ignorent que pour servir son pays ce n’est pas occupé des postes ministériels.

Qu’est ce qui explique récemment la colère de Baidy Aribot contre le chef de fil de l’opposition qui a reporté sa rencontre avec le président alpha Condé ?

Ce n’est pas une colère, loin de là. Mais les gens extrapolent çà. C’est mon état d’âme que j’ai exprimé. Vous voyez l’opposition est venue de loin pour conforter son unité et aujourd’hui cette unité est vraiment dans une bonne dynamique après la déclaration de Paris. Je pense que ma déclaration va dans le sens d’éviter à ce qu’il y a des escarmouches entre les leadeurs de l’opposition. Ce que j’ai dit pour moi, c’était une opportunité pour le chef de fil de l’opposition en la personne de monsieur Dalein de montrer à l’opinion qu’Alpha était le facteur de blocage du dialogue politique de la Guinée. Ne pas donner la chance à Alpha de profiter du report de sa part pour enfermer l’opposition dans le piège. Dire que c’est l’opposition qui ne veut pas aller au dialogue, c’est ce que je craignais et aujourd’hui c’est ce qu’il fait. Il montre que le chef de fil n’est pas venu parce que l’opposition ne veut pas la paix dans ce pays alors que nous comprenons très bien la motivation de Dalein à reporter cette rencontre. Parce que quand on a des violences qui marquent tes militants, quand on a des barbaries, des assassinats sur ses militants, c’est normal que tu prennes une décision catégorique. Mais, je pense qu’on pouvait rallier les deux. Ce que j’ai déploré ce n’est pas le fait que Dalein ait reporté, c’est le fait que çà n’a pas été une discussion au plénière de l’opposition qui était seule à prendre une décision de telle importance puis que l’invite qu’on l’a fait à la présidence, ce n’était pas au nom de l’UFDG mais c’était au nom de l’opposition républicaine. Cela dit, si l’UFDG aujourd’hui et l’opposition en général avait des problèmes liés à ces violences politiques qui influençaient cette rencontre, c’était quand même à l’opposition de se rencontrer en plénière et de discuter. Il ne s’agissait pas de dire par exemple que j’ai parlé au président de tel ou de tel. L’opposition républicaine ce n’est pas seulement les grands partis (UFDG, UFR et PEDN), c’est plusieurs partis et les présidents de ces partis ont besoin aussi d’être consultés par rapport à çà.
A la place du président Dalein, j’aurai reporté en quelques heures cette rencontre le temps de concerter tout le monde et que chacun dise son mot par rapport à la motivation d’aller ou de ne pas aller. On m’a dit qu’ils se sont concertés au téléphone mais moi je n’étais pas du tout au courant de cela puisque quand j’ai vu la nouvelle sur la toile je n’ai pas eu à joindre les leaders pour en savoir plus et je pense qu’il ne fallait pas tomber dans ce piège d’Alpha. Parce qu’Alpha était contraint de recevoir Dalein. Vous comprenez ? Il ne voulait pas le faire, il ne voulait pas aller vers le dialogue. Maintenant que Dalein n’est pas aller cela lui a permis de reprendre la main sur la situation devant la communauté internationale en disant que c’est Dalein qui ne voulait pas la rencontre. Et cela joue aujourd’hui sur notre image par rapport aux partenaires qui peuvent nous aider à faire avancer le processus électoral. Mais c’est une situation qui sera corrigée bientôt parce que l’opposition se retrouvera pour discuter de ces questions. Çà n’a jamais été donc une colère contre Dalein. Dalein est un frère à moi et un président que je respecte. L’UFDG est un parti que je respecte et je pense qu’aujourd’hui l’opposition doit beaucoup à l’UFDG dans le cadre des avancées des acquis démocratiques dans notre pays. Tout en négociant donc, nous pouvons maintenir la pression, c’était çà ma vision des choses.

Votre mot de la fin…

Je demande aux guinéens de rester unis et de se mobiliser pour l’alternance en 2015. Parce qu’il ne faut pas donner un second mandat à ce pouvoir là qui a vraiment crée une misère totale dans notre pays, une division et qui a mis le pays en retard.

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