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La Guinée : descente aux enfers : Que devient la gouvernance Alpha Condé


alpha CLe petit Larousse donne la définition suivante à l’effrayant mot, enfers souvent au pluriel : séjour et lieu de supplice des damnés après la mort. Ce dictionnaire est renforcé dans son explication par toutes les religions révélées ou non.

On n’est donc amené à reconnaître qu’un spectre malfaisant et malveillant hante la Guinée, incarné par l’ethnicité, la radicalité, l’incompétence, l’énumération ne saurait être exhaustive. Mais puisque Alpha en ergote délicieusement et avec délectation, elles sont évoquées et réchauffées dans les couloirs de Sèkhoutouréyah.

Revenons aux événements malheureux de 2007, où le peuple fier de Guinée avait cru prendre à bras-le-corps son devenir, dont il appréhendait mal une finalité heureuse. Les conséquences de cette prise de conscience lui vaudra les moments les plus exécrables de sa rude vie d’il y a 49 ans. Ceci compliquera suffisamment à notre malade et vieillissant Général-Président, la conduite de ce navire ivre ayant de surcroît une forte gîte. Il ne gouvernait plus que par procuration, s’agrippait pourtant au pouvoir comme à une bouée ballotée par les eaux folles, au risque de faire chavirer à jamais le bateau-Guinée avec vies et biens.

Nous passerons tant bien que mal cette triste période, au cours de laquelle le peuple martyr déplorera de nombreuses pertes en vies humaines. In fine, un gouvernement d’union nationale viendra récompenser l’effort de tous et un peu plus tard, le Général semblant reprendre le poil de la bête, remettra tout en cause et reviendra au devant de la scène avec ses tares décuplées.

A sa mort, une junte militaire s’est dite seule apte à sa succession et curieusement donnera tout au début de l’aventure, beaucoup d’espoir aux nombreuses dupes, car elles s’attendaient à l’avènement  d’un nouveau Rawlins, qui mettrait la Guinée sur la bonne rampe de lancement vers le développement durable et la justice sociale. Et patatras ! Tout cela s’écroulera, nous ramenant à la dure réalité et comme un seul homme, vent débout, les politiques et les OSC se donneront le challenge de mettre définitivement fin aux règnes récurrents et intempestifs des hommes en armes. Ce qui lèvera un coin de voile, permettant d’entrevoir un début de descente aux enfers, suscitant l’émoi de la communauté nationale et internationale, médusée devant la bestialité des bourreaux-violeurs, qui avaient transformé une aire de jeu en un champ de bataille ignominieux.

En ce moment critique où le pays était en réel danger d’implosion, les politiques toutes tendances confondues n’étaient point préoccupés de celui qui devra le diriger, ils n’avaient d’autres priorités que de le tirer de ce mauvais pas. Aussi, il allait de soi que la grande majorité des citoyens avait fini par se faire une raison, celle d’imputer tous les maux de la Guinée à la gestion calamiteuse des militaires depuis plus d’un quart de siècle.

La présidentielle de 2010 favorisant l’espoir parce qu’ouverte, va décevoir bien des attentes. Cependant, tous les protagonistes se rappelleront du deal tacite passé entre eux, de privilégier désormais la venue et la pérennité d’un civil à la magistrature suprême. Toutes choses qui amèneront chacun à faire contre mauvaise fortune bon cœur, dédiant ainsi son soi au pays en vue de son devenir radieux. Très peu de protestations émailleront la suite des évènements, convaincus qu’étaient les politiques que le défi est relevé, un des leurs était au pouvoir, il était maintenant question de surveiller le lait sur le feu.

Quand l’espoir de tout un peuple fut déçu par celui qui n’avait eu que de la chance pour l’emporter, les guinéens consciencieux en ont gardé un souvenir incandescent d’effroi. Evidemment, ‘’on ne peut être propre dans la boue’’, une boutade à plusieurs variables, à la fois polysémiques et polymorphe. Les intellectuels avouent être tristes de l’échec d’Alpha Condé, il est de ces nostalgiques Forces vives, lesquelles ont entrepris et réussi la dure bataille afin que  notre beau pays s’en sorte enfin. Et oui ! Mais les hommes de notre pays restent une énigme.

Le fond est touché, il s’agit bien de ces enfers pourtant sans fin car l’ethnicité, la radicalité et l’incompétence pour un Parti ou ses membres comme actions, n’est ni une organisation, ni une philosophie, ni une doctrine. Elles sont d’abord un état d’esprit pour de nombreux incrédules et un réel terreau pour semer la discorde sociale, avec pour seul but de récolter la guerre civile fratricide. Dans les logiciels et la grammaire des institutions internationales, l’ethnicité et la radicalité sont contestées, comme la révolution ou le coup de force.

Les désordres existants dans la gestion publique de l’Etat dus à l’inexpérience d’Alpha Condé dans tous les domaines de la vie nationale, ce n’est pas moi qui le dis suivez mon regard, forment les ressorts classiques de la mal gouvernance. La déliquescence du système en place provoquant l’absence de régulation normale pour la démocratie, déchire le tissu social déjà très mal en point. D’où le phénomène concourant à rechercher d’autres finalités, d’autres façons d’organiser la vie ensemble. Quand tant de solutions autocratiques se sont essoufflées, la recherche d’alternance ralliée par de nombreux compatriotes va crescendo. C’est pourquoi, l’application des règles du jeu, dialogues ou négociations par le truchement de la communauté internationale devra être définitivement réglée faute de quoi, nous retomberions dans les travers des conclusions de dialogue non tenues ou les relevés non signés. Donnons-nous un point d’honneur dans notre vaillante bataille à combattre l’ethnicité, la radicalité et l’incompétence.

T.S. Bayo

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