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L’imposture démocratique


gouv« Comme le dirait l’autre, je prends la tâche ici de défendre Alpha Condé contre ses détracteurs. Tout le monde reconnais, certes, qu’il a, dans sa fonction présidentielle su conjuguer, en un désastreux et paradoxal mariage l’abus du pouvoir et l’impuissance à gouverner, l’arbitraire et l’indécision, l’omnipotence et l’impotence, la légitimité démocratique et le viol des lois, l’aveuglement croissant … Et l’illusion de l’infaillibilité de l’Etat républicain et le favoritisme monarchique, l’universalité et la pauvreté des résultats, la durée et l’inefficacité, l’échec et l’arrogance, l’impopularité et le contentement de soi. Le coupable de ses maux n’est pas le citoyen ni les partis politiques, c’est l’institution. C’est la Présidence telle qu’elle est définie dans la constitution de la troisième République et, surtout telle qu’elle s’est pervertie, compte tenu du fait que cette perversion était inscrite dans la définition et ne pouvait manquer d’avenir au gré des successions »…

 On sait, plus un pouvoir au régime politique est fort ou tend vers l’absolu, plus il a la chance de gagner en longévité et de finir dans la pire médiocrité sinon dans la sénilité. Il nous reste à examiner avec la crise politique qui empoisonne les relations Opposition-Majorité Présidentielle, comment l’homme tyrannique nait de l’homme démocratique.

A qui fera –t-on croire que le dialogue entre les acteurs politiques ou l’élection Présidentielle, sortira la Guinée de l’impasse démocratique qui plombe nos espoirs. La communauté Internationale, cette ogresse, pourra-t-elle jouer son rôle d’arbitre impartial pour faire revenir le Président Alpha Condé pour appliquer strictement les accords du 03 Juillet ? Se mettre au-dessus de la mêlée de prendre  l’altitude pour enfin laisser la CENI et les partis politiques de se mettre d’accord pour organiser et fixer les dates des prochaines échéances électorales. L’abandon des principes républicains au détriment de la curée ou d’une Camarilla au sein du gouvernement, ne peut régler ou aplanir les dissensions et les divergences entre l’opposition et la mouvance présidentielle.

 

Le gouvernement de Mohamed Saïd Fofana ne peut servir de paratonnerre pour organiser un simulacre de dialogue. Il n’est pas à la hauteur des défis afin d’arrimer le dialogue au TGV pour une démocratie apaisée avant la présidentielle d’octobre 2015. En pleine mondialisation, la Guinée ne peut se contenter de rester vautrée et embourbée sur ses divisions politiques et ethniques entretenues bon an mal an par une élite à la pensée unique et inique.

 

Avoir le sens du dialogue c’est bon, mais avoir en mémoire le dialogue qui a un sens, c’est encore mieux- en tenant compte des engagements pris envers soi-même et vis-à-vis des autres. Seul les partis politiques et la CENI face à face, peuvent dénouer ce nœud Gordien qui étouffe notre démocratie en sursis.

La dérobade du chef de l’exécutif de renvoyer le dialogue aux calendes Grecques en le confiant au Premier Ministre pour le marabouter jusqu’au 11 octobre 2015, complique à merveille les choses…

Cette démarche mortifère est un jeu de « Strip tease » politique et médiatique. N’en déplaise aux Cassandres qui sont de l’espèce des nuisibles, c’est le souhait pérenne de « fin de règne » du Président de la République.  Sa stratégie consiste à faire durcir la mayonnaise électorale jusqu’en octobre, date fatidique du premier tour. Une manière cynique et machiavélique de rouler ces adversaires dans la farine, qui passent tout leur temps à dormir et rêver débout se croyant déjà à la une au soir du deuxième tour. Dialogue, dialogue encore le dialogue, rien que des paroles creuses. On ne sait plus qui est le marquis de la fable ou les dindons de la farce de ce dialogue qui n’a pas de nom !

Mondic Touré

 

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