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Mohamed Tall, Ministre de l’Elevage:  » en trois mois, nous avons beaucoup fait, puisque les structures de base sont mises en place à date’


CONAKRY- Promu Ministre de l’élevage dans le premier Gouvernement du second mandat du Président Alpha Condé, Mohamed Tall dévoile ses ambitions à la tête de ce département. En toute exclusivité, le Ministre Mohamed Tall  s’est confié à notre rédaction pour aborder plusieurs sujets liés à ses projets à la tête du département de l’élevage, ainsi que la situation politique guinéenne marquée par la crise autour de l’installation des démembrements de la CENI. Exclusif !!!

AFRICAGUINEE.COM : Bonjour Monsieur le Ministre !

MOHAMED TALL : Bonjour Monsieur Souaré!

Près de trois mois après votre entrée au gouvernement en tant que ministre de l’Elevage, qu’est-ce qu’on peut retenir en termes de bilan ?

Le développement de l’élevage ne se fait pas sans le concours d’un certains nombres de facteurs. Il y a les activités des opérateurs eux-mêmes,  mais il y a aussi les infrastructures de commercialisation. Si la production augmente et que  les infrastructures ne suivent pas, cela pose un problème. Donc le but de tout ce qu’on dit, c’est vraiment mettre des produits d’origine animale à disposition de nos populations pour être consommés. Il faut donc assurer un suivi sanitaire, s’assurer que les vétérinaires sont formés, et suffisamment bien déployés sur l’ensemble du territoire. Il faut également s’assurer que  nous disposons de laboratoires suffisamment performants pour attester de la qualité des produits que nous mettons sur le marché. Sans compter la réglementation que nous sommes en train de revoir. Comme vous le savez, dernièrement nous avons connu un vrai désastre au niveau d’une ferme avicole à Boké. Cela nous a interpellé et nous a permis de comprendre qu’il y avait une nécessité de réviser cette réglementation en vigueur. Tout cela avance et ce sont des chantiers que nous poursuivons.

De nombreux observateurs regrettent le manque d’organisation des acteurs qui évoluent dans le secteur. Est-ce que c’est votre avis ?

Cela fait partie du bilan des trois mois. J’ai trouvé une situation difficile, c’est vrai ! Mais en trois mois, nous avons beaucoup fait, puisque les structures de base sont mises en place à date. Nous comptons préparer des ateliers régionaux pour mettre les structures régionales en place. Ensuite on mettra la grande structure faitière dans laquelle toutes les filières seront représentées. Beaucoup de travail a été fait à ce niveau-là, il faut le reconnaitre. Maintenant il faut passer aux structures faitières dans les prochaines semaines. Nous attendons de mobiliser le financement nécessaire pour organiser ces différents ateliers.

Comment se passe la collaboration entre vos collègues ministres, le premier ministre et voire même le président de la République ?

Le chef de l’Etat a souhaité rajeunir l’équipe gouvernementale. Je crois qu’il a parfaitement raison. Cette équipe est jeune et dynamique. Je crois que le climat au sein du gouvernement est très bon. Le premier ministre qui  vient du secteur privé, comme vous le savez, est assez rigoureux Il suit de très près les activités des différents départements. Il y a vraiment de l’espoir puisque les jeunes ministres croient en ce qu’ils font.

Côté politique, il y a ce débat autour de l’appartenance de l’UFR soit à l’opposition, soit à la mouvance présidentielle. Vous êtes ministre du gouvernement et votre formation politique se réclame de l’opposition. Pensez-vous qu’il y a une certaine logique dans cette démarche ?

Je suis ministre de la République, dans le gouvernement du professeur Alpha Condé, dirigé par le premier ministre Mamady Youla. Je suis fier d’appartenir à cette équipe-là. Le débat qui se pose actuellement par rapport à l’appartenance de l’UFR à l’opposition ou pas est né à partir de la composition des démembrements de la CENI. A cet égard, je crois que plusieurs raisons militent pour que l’UFR soit positionné dans l’opposition est considéré jusqu’à preuve du contraire comme  un parti de l’opposition. Tout d’abord l’accord du 20 Août 2015 qui est le document de référence de toutes ces discussions-là, considère l’UFR comme étant un parti de l’opposition. Ensuite, la CENI telle qu’elle est composée aujourd’hui place l’UFR dans l’opposition. Enfin, c’est à l’image de la CENI centrale qu’on doit constituer ou composer les démembrements. En plus de tout cela, jusqu’à preuve de contraire, il n’y a pas eu d’alliance formelle pour l’instant entre l’UFR et le RPG. Il est clair que l’UFR accompagne le gouvernement et mettra tout en œuvre pour que l’action gouvernementale réussisse sous la conduite du professeur Alpha Condé et c’est tout à fait normal.

Depuis la nomination de Sidya Touré au poste de Haut représentant, vos anciens collègues de l’opposition vous accusent d’être un parti  »traitre ». Que répondez-vous ?

Nous n’avons pas de leçon à recevoir de quiconque, encore moins des gens qu’on a vu à l’œuvre pendant des années sous le magistère de feu Lansana Conté. Vraiment c’est un débat qui ne nous concerne pas. Nous sommes très sereins et continuons à maintenir le cap. Notre position est très claire et nous accompagnons le gouvernement du président de la République.

Il se dit que votre leader Sidya Touré aurait empoché de l’argent pour emmener ses pairs de l’opposition à la présidentielle du 11 Octobre, pour éviter que l’opposition ne boycotte ce rendez-vous électorale. Qu’en dites ?

C’est une accusation totalement fantaisiste. D’abord il aurait reçu l’argent de qui ?

Le président de la République ?

Mais le chef de l’Etat n’avait pas de raison particulière à le faire. Le président Sidya non plus. Je ne vois pas comment l’argent peut gérer ce genre de choses. Donc dites-moi, il y a des corrompus et des sous corrompus. Parce que si certains prétendent que le président Sidya a perçu de l’argent, c’est qu’il devait le redistribuer à des gens encore plus corrompus que lui ? Donc ces accusateurs ont jeté l’opprobre sans le savoir sur toute l’opposition. Ce sont des accusions fantaisistes. Ce qu’il faut reconnaitre comme réalité, c’est que l’opposition n’était pas en mesure d’assurer l’alternance  à partir du moment où elle n’a pas été capable de s’organiser, donc elle n’avait aucune chance. C’est du passé et c’est terminé. Aujourd’hui le peuple a fait son choix en reconduisant le président actuel. Et il faut l’accepter.

Souvent rejeté par l’opposition, le mariage politique avec le RPG qui n’est pas encore scellé. Comment voyez-vous l’avenir de l’UFR pour les prochaines échéances électorales?

Nous n’avons aucun problème avec le RPG, la collaboration se passe très bien. On se connaissait déjà depuis fort longtemps, il s’agit de retrouvailles cette fois-ci dans un autre contexte. Aujourd’hui nous sommes plus dans l’opposition, l’UFR et le RPG sont au service des guinéens.

Croyez-vous à une possibilité d’alliance UFR-RPG, bien que vous ayez des idéologies différentes ?

A partir du moment où le rapprochement s’est opéré tout se passe très bien. Je ne voudrais pas me lancer dans des spéculations. Mais l’avenir nous dira jusqu’où ira cette collaboration…

L’opposition compte poursuivre ses manifestations, pour exiger du gouvernement le respect des accords du 20 Août 2015. Qu’en pensez- vous ?

Cette opposition s’enlise dans ses propres problèmes et contradictions. Comme l’a dit le président Sidya, on ne peut pas tuer et venir nous parler de valeur. C’est contradictoire parce que la valeur suprême reste la vie humaine. Quand on ôte la vie à quelqu’un, il est difficile de venir se présenter avec une valeur quelconque. Moi je pense que sincèrement pour la crédibilité de l’action politique, de la classe politique dans son ensemble, il est très important d’élucider les circonstances de l’assassinat du journaliste Mohamed Diallo. Ce n’est pas de faire la politique que d’exiger cela. L’assassinat de ce jeune concerne au premier chef l’ensemble des journalistes et au-delà, tous les citoyens de ce pays. Il  y a eu mort d’homme par balle ce jour, aucune présence des forces de l’ordre n’a été constatée, donc il faut que la lumière soit faite et que la justice se prononce.

Vous semblez pointer du doigt les responsables de l’UFDG en ce qui concerne cet assassinat ?

Ce qu’on peut dire sans risque d’accuser quelqu’un, c’est qu’il s’agissait d’une réunion d’un parti politique. Apparemment des hommes admis au sein de ce parti étaient armés et ont fait usage de leurs armes. C’est ce qui a provoqué la mort du jeune journaliste. Tel que présenté, personne ne peut contester ces faits. Il s’agit pour la justice d’enquêter pour faire la lumière sur les circonstances du décès. A priori, c’est quand même une réunion du parti (l’Union des forces démocratiques de guinée , ndlr) et les responsabilités doivent être recherchées au niveau des dirigeants du parti.

Votre dernier mot pour les lecteurs d’Africaguinee ?

J’invite nos compatriotes à plus de solidarité et à soutenir l’action du gouvernement. Ne jamais oublier que la Guinée sort de deux années difficiles à cause de la maladie Ebola qui l’a durement frappée. Aujourd’hui les choses se mettent progressivement en place. Nous avons besoin de l’adhésion et du soutien de l’ensemble des guinéens. Je les invite à ne pas se décourager et qu’on se mobilise pour que la Guinée réussisse.

 

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