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Préparatif des communales, chronogramme, caution par candidat, quota des femmes : Babara Fofana de l’UFR dit tout


Chargé des questions électorales de l’Union des Forces Républicaines (UFR) de Sidya Touré, Babara Fofana fait le point des préparatifs des prochaines élections communales au niveau de son parti, la question des cautions à payer par candidat et la représentativité des femmes sur les listes électorale, entre autres. Lisez !

Guinéenews : Depuis des mois, l’UFR a axé ses activités sur la structuration de ses représentations à la base. Après cette étape, quelles sont les actions en cours à quelques mois des communales ?

Babara Fofana : Effectivement, nous avons terminé avec les restructurations du parti. Nous avons donc des nouveaux bureaux fédéraux des femmes, des bureaux fédéraux des jeunes et nous avons restructuré également les comités directeurs. Nous avons maintenant des nouvelles équipes qui vont animer le parti et qui vont organiser la campagne. Nous avons fait un chronogramme pour les élections communales, communes urbaines et communes rurales. Ce sont des élections de proximité, donc beaucoup plus compliquées qu’une élection présidentielle ou législative. Là, c’est le parti qu’on voit. Mais les élections auxquelles on va avoir à faire, sont des élections de proximité. Donc ce sont les personnes désignées qui vont faire leur campagne. Si ces personnes ne sont pas appréciées dans leur localité, ça va poser des problèmes. C’est cela notre première préoccupation. C’est vraiment d’aller consulter la base pour voir les personnes ressources qu’on nous présente pour faire la tête de liste de nos différentes listes. La deuxième chose, ce sont les pièces à fournir pour les listes de candidature. Vous savez, nous avons une expérience qui nous reste en tête, qui date de nos premières élections où on a invalidé même la candidature de RBB à Matam. C’était à l’époque M’Bemba Bangoura qui était Gouverneur de Conakry. Donc ce n’est pas facile d’avoir les pièces qui sont demandées. Il faut d’abord un extrait de naissance qui est fait à partir de la localité où on est né. Il faut ensuite un certificat de nationalité qui est fait au tribunal du lieu où on est né. Il faut également un casier judiciaire, quatre photos d’identité et un certificat de résidence. C’est la préoccupation que nous avons aujourd’hui et nous allons nous battre pour que toutes ces pièces soient prêtes avant qu’on arrive à la date de dépôt des listes.

 

Guinéenews : L’UFR est-elle d’accord avec la date des élections annoncée par la CENI ?

Pour le moment ce n’est qu’une suggestion parce qu’on ne sait pas d’abord ce que le président de la République va décider parce que c’est lui qui arrête définitivement la date. Mais ce qui est regrettable, c’est que cette date n’a pas été décidée après une concertation. La CENI aurait pu convoquer les acteurs politiques, la société civile pour débattre ensemble de la date à laquelle ces élections peuvent se tenir et qui serait la décision de tout le monde. Pour le moment, on ne la conteste pas, mais je pense que cette date est un peu poche. Ce sont des élections extrêmement compliquées qu’il faut essayer d’organiser. Pour le moment, je dis que ce n’est pas évident parce qu’il y a le dialogue qui est en cours. Ce dialogue parle de ces élections communales. Donc il faut attendre les conclusions du dialogue. Nous pensons que la CENI s’est précipitée pour choisir une date alors qu’elle aurait pu attendre qu’au cours du dialogue, qu’on évoque le problème des élections locales et essayer de voir si ces élections peuvent avoir lieu d’ici le 18 octobre. Je ne rejette pas cette date, mais je pense que ça mérite d’être mûri et on attend les conclusions du dialogue pour voir si cette date sera maintenue pour mettre tout le processus électoral en route y compris la révision des listes.

 

Guinéenews : Vous parlez d’élections compliquées. Faut-il alors reporter ces élections pour qu’elles soient mieux organisées ?

Babara Fofana : A mon avis, il faut reporter. On peut mettre ces élections en fin d’année. Cela nous permet d’avoir le temps nécessaire pour aller aux élections. Parce que la CENI a encore une autre difficulté. Quand elle annonce qu’on va afficher les listes pour que les gens aillent vérifier leur nom et que cela peut prendre une semaine, je dis ce n’est pas possible, ça ne peut pas prendre une semaine. Parfois il y a des endroits où la liste n’est même pas affichée. Donc il ne faut pas que nous bâclons les choses parce que ce sont des élections extrêmement importantes. Le développement du pays se fait à la base. Si on a à la base des hommes valables, des conseils communaux de bon niveau, on peut s’assurer qu’ils peuvent gérer un budget pour mettre en route le développement d’une commune rurale ou urbaine. C’est un problème extrêmement important que nous ne devons pas prendre avec légèreté. C’est pourquoi je demande à ce que toutes les dispositions soient prises pour avoir de bonnes élections. Cela nous permettra d’avancer.

 

Guinéenews : A cela s’ajoute la question des cautions qui doivent être payées par les candidats. Qu’en pensez-vous des cautions fixées par la CENI ?

Babara Fofana  Nous avons fait d’ailleurs une lettre à la CENI. Elle a fixé les cautions. Ça aussi, il y a une commission qui doit normalement discuter des cautions à payer, mais la CENI a décidé de façon souveraine la caution (rire). Mais ces cautions même ont deux problèmes. Le premier c’est que quand vous prenez une petite ville comme Boffa, il faut payer 10 millions de Francs guinéens. Quand vous prenez une grande commune comme Matoto, il faut payer 10 millions de Francs. Ce n’est pas juste. Les autres ont une quarantaine de conseillers. Il faut faire une proportion. C’est la même chose pour les communes rurales. Il faut que la proportionnalité soit adoptée. Une réflexion approfondie, une discussion avec tout le monde pour qu’on arrête des choses consensuelles. Cela permettra la facilitation pour l’applicabilité des décisions sur le terrain.

 

Guinéenews : certains observateurs pensent que la position actuelle de l’UFR dont le président est Haut représentant du chef de l’Etat pourrait défavoriser le parti pendant les élections. Qu’en dites-vous ?

Babara Fofana  Je pense que ce sont des adversaires qui disent cela. Vous savez l’UFR a ses militants. Ceux qui ont la conviction d’être avec l’UFR et ceux qui aiment leur leader écoutent ce que la direction nationale du parti décide. Si vous voyez qu’il y a des contestations en général, ces contestations sont des adversaires de l’UFR qui n’aiment pas l’UFR. L’UFR est un parti politique qui a programme et une ambition. Et son ambition, c’est conquérir le pouvoir. La conquête du pouvoir n’est pas une ligne droite. Nous avons eu des alliances qui n’ont rien donné. Il faut qu’on réfléchisse sur de nouvelles alliances. Et personne ne peut nous empêcher de réfléchir à cela. Nous avons suffisamment de raison de voir qu’elle est la position qui nous est favorable et qui va convenir aux objectifs que nous visons. Les autres détails ce sont des commentaires. Je viens de faire une tournée pour voir ce qui se passe sur le terrain dans la situation que nous avons vécue. Mais je vous jure que les citoyens sont venus nous voir pour dire qu’ils ont souvent été trompés. Ils ont été dupés par beaucoup de choses. Ils savent aujourd’hui que la seule réalité avec laquelle ils doivent construire l’avenir de ce pays, c’est d’aller avec Sidya Touré et ils nous le confirment. Le temps qui a été perdu dans les partis politiques ou dans les mouvances les a déçu. Ils ont vu qu’il n’y a rien dedans et que c’est simplement électoraliste. Quand les élections sont terminées, ils ne volent rien de concret. Donc ce que je peux vous dire, c’est que l’UFR connaît ce qu’elle fait. L’UFR sait qu’elle est la voie qu’elle suit. Je répète encore, nous sommes de l’opposition. Une opposition n’est pas nécessairement là pour tout détruire. Elle peut participer à la construction du pays tout en gardant ses idées et ses ambitions, tout en restant fidèle à ses idéaux. C’est que nous faisons aujourd’hui. Je pense que ça ne pose pas de problème. Nos militants sont toujours là.

 

Guinéenews : Ies femmes revendiquent le respect du quota de leur représentativité sur les listes électorales. Elles demandent même plus que ce que prévoit le code électoral. Qu’en dites-vous ?

Babara Fofana  Les ambitions des femmes sont légitimes. Vous savez, on dit qu’un parti politique a deux ailes qui sont les jeunes et les femmes. En Guinée, les femmes sont politiquement très importantes. Vous qui êtes là, vous passez souvent voir nos assemblées générales à Matam. Quand vous allez là-bas les samedis, les femmes occupent la moitié des places. Donc elles sont importantes. Le seul problème qu’on a, c’est que quand il s’agit de choisir les femmes, il faut choisir celles qui sont capables d’être responsables dans une commune. Ça pose des préalables que souvent les femmes ne remplissent pas. Sinon même si elles demandent d’être représentées à 50% sur les listes, je dis pourquoi pas. Mais on ne peut pas mettre comme cela simplement parce que ce sont des femmes. Il faut qu’on vérifie qu’elles sont capables de jouer le rôle qu’elles doivent jouer dans une commune en tant que conseillère dans la commune. Sinon vraiment, je suis très ouvert. Officiellement aujourd’hui le quota c’est 30%. Je pense que c’est ça qui est légal. Mais si nous constatons que nous avons des femmes de qualité dans une commune, elles peuvent même dépasser 50%. Tout dépend de la qualité des femmes auxquelles nous aurons à faire.

 

Guinéenews : Avez-vous un message particulier à adresser à vos militants par rapport à ces élections ?

Babara Fofana : Le message est simple. C’est qu’aujourd’hui, l’UFR va présenter des candidats par tout sur tout le territoire national. Un parti national, c’est un parti transversal. Nous disons à nos militants que notre préoccupation c’est d’être présents dans toutes les communes du pays. Parce que c’est une élection proportionnelle. Quand c’est une élection proportionnelle, vous n’êtes pas obligés d’être Maire, mais vous pouvez être un conseiller communal. Donc vous participez aux discussions, au combat des communes et leur développement. C’est extrêmement important pour nous. Il faut que les gens comprennent que les candidats de l’UFR doivent se battre même si, sur 15 conseillers communaux, nous n’avons que trois ou quatre, ce n’est déjà pas mal parce que ça nous permet de participer à la vie de cette commune. Donc il faut que nous nous préparons à cela. Ça doit être dur pour nous parce que nous avons à faire à des adversaires assez coriaces et nous connaissons les arguments qu’ils ont, des arguments parfois incontournables, très difficiles à combattre. Mais l’UFR reste dans sa position, elle va se battre en Forêt où nous avons une structure extraordinaire, elle va se battre en Basse côte, elle va se battre en Haute Guinée et même au Foutah. Vous savez que pendant les élections précédentes, quand elles ont été correctes, l’UFR  a toujours été deuxième au Foutah. Donc cette position- là, nous allons chercher à la confirmer. J’appelle nos responsables à se lever et se battre pour la victoire de leur parti. C’est cette élection qui permet de préparer les élections législatives et l’élection présidentielle

in Guinéenews.

NB: Honorable Babara Fofana  est le secrétaire  National à l’Organisation et à la Mobilisation ( cellule com ufr)

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