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JOURNEE PORTES OUVERTES UFR : COMMUNICATION DE M. BOUBACAR BARRY THEME : AGRICULTURE


Mesdames et messieurs, distingués invités en vos grades et qualités,

J’ai le plaisir et l’immense honneur de vous présenter ce thème sous l’angle de la stratégie de relance du secteur agricole.

Il est permis d’affirmer sans risque de se tromper que, dans le cadre de la diversification de l’économie guinéenne et de la relance d’une croissance dont les effets positifs ont le plus d’impact sur les populations, tout décideur   de   l’avenir   de   la   Guinée   doit   faire   de l’agriculture   sa   première   priorité   en   engageant   l’ensemble   des acteurs concernés à une réflexion stratégique qui doit aboutir à la relance du secteur rural en général et de l’agriculture en particulier.

Les données disponibles sur le secteur confirme que la Guinée possède d’immenses potentialités   agricoles   avec   une   superficie   cultivable d’environ 6 millions d’hectares, soit le quart de la superficie totale du pays,   un   sol   riche   et   des   conditions   climatiques   favorables. Malheureusement, seulement 1,6 million d’hectares sont mis en culture chaque   année   et   l’agriculture   reste   très   traditionnelle,   pluviale   et extensive. Les   gains   de   productions   vivrières   ont   été essentiellement obtenus par une extension des surfaces cultivées. Les rendements n’ont que très peu évolué.

Le développement rural est pourtant un important gisement de croissance et il a enregistré dans les années 90 un taux de croissance annuel moyen du PIB agricole de 4,1%. Avec 5,2% en 1998 et 5,5% en 1999, il a même été légèrement supérieur au taux de croissance du PIB qui a été de 4,9% pour la même période.

La Guinée dispose d’un réel avantage comparatif lié à la diversité de son potentiel agricole   tant dans les cultures de rente comme le café, le cacao, le coton, le palmier à huile, l’hévéa, l’anacarde, le cocotier, que dans les cultures vivrières comme le maïs, l’igname, le riz, le fonio, la pomme de terre, le manioc, la patate douce, l’arachide, sans oublier les fruits et les cultures maraîchères. Pourtant la contribution de l’agriculture au PIB reste faible à 14% en moyenne et la Guinée continue d’importer d’importantes quantités de produits alimentaires tels que le riz pour la consommation des populations.

Un développement plus centré sur le secteur agricole permet donc :

d’assurer la sécurité voire même l’auto- suffisance alimentaire a travers l’accroissement de la production,

de   contribuer   à   la   croissance   économique   et   aux   recettes d’exportation,

d’améliorer   les   revenus   des   populations   grâce   à   une diversification de leur production,

de   promouvoir les investissements privés par la création d’une industrie de transformation et de créer des emplois.

L’objectif   recherché   est   de   changer   la   perception   négative   que   les guinéens   ont du   monde   rural en lançant   une   grande   campagne   d’Education-Information-Communication (EIC) sur les médias publiques et privés sur l’importance de l’agriculture dans le   développement économique et social de notre pays sur le thème « le développement de notre pays doit aussi reposer sur l’agriculture »; pour cela il faut réserver des plages horaires sur le monde rural à la RTG et sur les radios rurales et impliquer plus activement l’Administration décentralisée sur les questions liées à l’agriculture.

La vie d’un agriculteur ressemble en tout point à celle d’un entrepreneur : Gestion et   anticipation   des   flux,   recherche   de   financements, diversification   et   préservation   de  leurs   actifs,   etc…   Ces « agro-entrepreneurs » connaissent toutes les contraintes et les défis des chefs d’entreprises.   Ils   sont   aussi   et   surtout   les   vecteurs   d’une   croissance inclusive. C’est   véritablement   un   changement   radical   de   la   perception   des agriculteurs qui doit être opéré. En effet, les petits exploitants agricoles souffrent de voir leur métier perçu comme archaïque et voué à la sous-productivité.

Comme l’a dit un grand penseur, « une chose apparaît mieux quand on la compare ».

Le secteur agricole ivoirien a été présenté comme un exemple en Afrique à la faveur de l’ouverture officielle du 7ème forum pour la révolution verte en Afrique. Ce pays, qui a pris l’option de faire de l’agriculture la base de son   développement   dès   son   indépendance,   a  gagné le pari de la production avec un statut de leader mondial dans plusieurs spéculations. Premier producteur mondial de cacao avec une récolte attendue de 2 millions de tonnes   cette année contre environ   4,7 millions au   niveau mondial, Abidjan est aussi premier producteur mondial d’anacarde et de cola. En outre, le pays est le premier exportateur africain d’hévéa et d’huile de palme entre autres. De façon globale, la production agricole ivoirienne a atteint 24 millions de tonnes en 2016 contre 16 millions en 2012. Et sur la période, les revenus distribués aux paysans sont passés de 5,5 milliards de dollars, à 11 milliards de dollars, avec un impact réel sur la réduction de la pauvreté. Le pays enregistre donc des avancées qui sont à saluer, mais il n’est pas encore parvenu à couvrir l’ensemble de ses besoins alimentaires, dans le cas du riz par exemple, et il doit aussi relever le défi de la transformation locale de ses cultures d’exportation afin de limiter son exposition à la volatilité des cours.

Dans le cas du Mali, la filière coton permet de produire plus de 400.000 tonnes de coton graine et de créer environ 2 millions d’emplois directs et indirects, alors que la filière coton en Haute Guinée ne produit pas plus de 13.000 tonnes.

Autre comparaison, le Libéria a développé un programme de 50.000 ha d’hévéa tandis que le plan palmier de Côte d’Ivoire a permis de réaliser 100.000 ha (dont 60.000 ha de villageois) et le plan hévéa, 60.000 ha, alors   que   ces   deux   filières   n’excèdent  pas   9.000   ha   en   Guinée Forestière.

Bon nombre de pays du continent ont encore recours aux importations pour assurer leur sécurité alimentaire. Certes les importations de blé et de riz ont baissé de moitié ces dernières années, mais l’Afrique qui a importé 35 milliards de dollars de produits alimentaires en 2015 devrait voir ce chiffre quasiment tripler à plus de 100 milliards d’ici 2030 selon les experts.

En cause, des facteurs de production qui sont restés inchangés depuis les   indépendances,    des   modes   de   productions   généralement archaïques   et   utilisant   très   peu   d’intrants   améliorés,   les   difficultés d’accès aux semences à haut rendement, aux engrais, aux techniques d’irrigation et à la mécanisation ainsi que l’insuffisance du crédit et des investissements aussi bien publics que privés dans le secteur agricole et dans le développement rural.

Ces   facteurs   sont   bien   à   la   base   du   paradoxe   africain   qui   emploie environ 60% de sa population active dans l’agriculture et qui est malgré tout le continent de la sous-nutrition et de la malnutrition. Cela, d’autant plus que 60% des terres arables non exploitées dans le   monde se trouvent en Afrique.

Pour inverser cette tendance, il faut encourager la collaboration entre les différents acteurs   :   Etats,   institutions   de   recherche,   de   financement, organisations   internationales   etc.,   avec   un   accent   particulier   sur   la recherche agricole dans la perspective d’apporter un appui multiforme et plus efficace aux paysans africains. Il apparaît clairement par ailleurs qu’il y a une réelle prise de conscience politique sur la nécessité d’accorder une priorité absolue   au secteur agricole au niveau africain, ce qui sonne comme un pas de géant. Même si la majorité des Etats n’ont pas mis en œuvre la directive de Maputo qui les engageait à consacrer 10% de leur budget au secteur agricole, le consensus est largement partagé sur le fait que le secteur est le lieu où l’on peut plus efficacement lutter contre la pauvreté. Il faut cependant investir des ressources importantes d’où le recours au partenariat public-privé comme axe de travail.

Conscients   de   la   capacité de l’agriculture à redresser la situation économique de l’Afrique, les bailleurs de fonds dont la BAD pour leur part, vont encourager les synergies entre les décideurs politiques, les experts, les producteurs agricoles et autres partenaires pour garantir à l’agriculture toute son importance dans les économies africaines afin qu’elle contribue de façon plus importante à la croissance d’économies inclusives et à la création d’emplois.

Dans les prochaines années, le continent africain pourrait représenter un quart de la population mondiale, soit deux milliards d’individus. Un défi, qui est aussi une véritable opportunité, pour des pays dont l’agriculture se modernise   et se   diversifie pour être à la hauteur des besoins de demain.

Une des révélations faite au cours du Forum pour la révolution verte en Afrique,   c’est   l’enjeu   de   l’Agrobusiness   à   moyen   terme,   qui   met   en exergue   l’avantage   des   PME   et   des   petits   exploitants   qui   pourront gagner   jusqu’à   1000   milliard   de   dollars   chaque   année   dès   2030   en substitution des importations alimentaires et grâce à la transformation et à la mise en place d’industries de transformation au niveau local. L’Afrique a les ressources, les compétences et la capacité humaine pour passer   de   son   statut   d’importateur   au   statut   d’exportateur   et   de consommateur d’aliments produits en Afrique.

Certains experts du Forum ont préconisé que la révolution verte africaine soit différente de celle qui a été expérimentée un peu partout de par le monde. Cela nécessite une approche inclusive associant des millions de petites exploitations à des entreprises agroalimentaires,   créant des chaînes d’approvisionnement alimentaires étendues et des possibilités d’emploi pour des millions, y compris ceux qui passeront à l’agriculture. En fait, un modèle inclusif à l’opposé de l’agriculture commerciale à grande échelle avec des procédés de transformation employant peu de personnes et exigeant des niveaux capitalistiques élevés.

Il est important de signaler le rôle essentiel et sous-estimé des petits agriculteurs pour mener   à bien la transformation économique de l’Afrique. Non seulement parce qu’ils représentent   un poids démographique écrasant   (60   %   des   emplois),   mais   aussi   parce que l’agriculture pèse environ 25 % du PIB africain. 75 % de la nourriture produite sur le continent provient de petites exploitations agricoles de moins de 20 hectares. Ces agriculteurs sont donc des   éléments structurants de l’économie africaine. Les gouvernements africains commencent à peine à intégrer le potentiel de ces petits exploitants dans des politiques agricoles ambitieuses. Si les effets d’annonces sont nombreux, les initiatives et actions concrètes peinent encore à émerger.

Comme je l’ai dit plus haut, l’Afrique importe actuellement 35 milliards de dollars de produits alimentaires par an. Ce montant devrait passer à 110 milliards de dollars en 2025 si rien n’est fait pour améliorer la productivité des chaînes de valeur sur le continent. D’où le rôle clé que le secteur privé doit jouer. Les PME qui créent une impressionnante valeur ajoutée tout le long de la chaîne de même que les grandes entreprises et les hypermarchés doivent être clairement intégrer comme partie prenante dans le processus.

Le plaidoyer des chefs d’Etat pour couvrir les besoins agricoles de l’Afrique trouve un écho favorable auprès des bailleurs de fonds comme les   Fondations Rockeffeler,   Bill   et   Melinda  Gates,   Yara   International,   Mastercard,  l’Ifad,   ainsi que l’Union   européenne ou l’Usaid   qui sont interpellées. Ces besoins en termes de développement agricole sont évalués à 400 milliards de dollars.

En 2016, les bailleurs de fonds avaient pris l’engagement d’injecter 30 milliards de dollars dans l’agriculture africaine. Des annonces qui ont été suivies d’effets grâce au rôle de la Banque Africaine de Développement à   travers   la   vision   et   le   leadership   de   son   Président   Dr   Akinwumi Adesina. Son passage au poste de ministre de l’agriculture du Nigeria est une aubaine pour l’Afrique. La Bad, faut-il le rappeler, a récemment annoncé qu’elle   va   mettre   sur   la   table   24   milliards   de   dollars   en   guise   de financements pour des semences de qualité en Afrique. L‘idée au final, c’est de parvenir à mettre en place un secteur agricole inclusif pour l‘autonomisation des jeunes et des femmes dans le cadre d’une chaîne de   valeurs agricoles maîtrisée.

Les données empiriques suggèrent que la croissance du PIB provenant de l’agriculture est au   moins deux fois plus efficace pour réduire la pauvreté que la croissance du PIB liée aux secteurs non-agricoles. Le développement agricole constitue ainsi la solution numéro un pour créer des débouchés économiques pour la jeunesse africaine. Orienter la jeunesse africaine vers le secteur agricole est une absolue nécessité si nous voulons éviter que ces savoir-faire ne se perdent. C’est aussi   le   meilleur   moyen   de   désamorcer   la   bombe   à   retardement démographique et de combattre à la racine l’exode rural, première étape des mouvements migratoires massifs, et parfois tragiques, dont nous avons été témoins ces dernières années.

Miser sur les petits exploitants agricoles ne signifie pas pour autant qu’il faille fermer la porte aux grandes entreprises de l’agro-alimentaire. Plutôt que d’opposer petites, moyennes et grandes exploitations, nous devons profiter de leur complémentarité. C’est pourquoi la Banque africaine de développement parie notamment sur les pôles de croissance agricole dans le cadre de son plan « Nourrir   l’Afrique ». Il convient toutefois d’éviter les écueils d’une   logique top-down qui ignorerait les habitudes alimentaires locales et l’expertise agronomique des paysans. L’équilibre est difficile à trouver, mais la mise en place des bonnes conditions   pour une croissance durable et inclusive est à ce prix.

L’agroalimentaire doit impérativement devenir ce secteur en plein essor qui réunira des entrepreneurs, des inventeurs et des financiers autour de projets innovants et rentables pour l’Afrique et les Africains. Car seule la renaissance de l’agriculture africaine permettra le décollage économique de l’Afrique.

Pour revenir à la Guinée, la stratégie doit consister à mettre en place de manière progressive des agropoles dans toutes les régions en mettant l’accent sur les filières à forte valeur   ajoutée, ce qui passe par la promotion d’un environnement   favorable au développement   et   à la relance de ces filières, tout en respectant la gestion durable des écosystèmes forestiers,   dans une perspective de lutte contre les problèmes environnementaux et les changement climatiques.

L’exemple de la concertation initiée par le Gouvernement entre l’ensemble des acteurs de la filière anacarde, a permis d’accompagner ce secteur par la mise en œuvre d’actions concrètes, pour faciliter le démarrage de la campagne de commercialisation 2016/2017, notamment : la fixation d’un prix plancher pour la vente des noix à 5.000Fg/kg,   la   suppression   de   la   taxe   de   scanner   de   100   $/conteneur, interdiction de l’exportation par voies terrestres. Il s’agit maintenant   de   consolider   ces   acquis   en   encourageant l’extension   des   surfaces   avec   du   matériel végétal   de   qualité   tout   en renforçant les capacités des organisations de producteurs.

Pour confirmer cette nouvelle dynamique, l’attention doit être orientée vers   d’autres   filières   comme   le   café,   le   cacao,   le   coton,  le   palmier, l’hévéa,   le   cocotier   auxquelles   seront   naturellement   associées   les cultures vivrières.

S’agissant justement des cultures vivrières, en particulier le riz aliment de base des   populations,   une   carte   élaborée   par   le   Ministère   de l’agriculture   définit   de   manière   précise   les   pôles   de   développement agricole en Guinée. Il apparait que le riz peut être cultivé sur l’ensemble du territoire excepté le pôle C qui correspond au nord de la Moyenne Guinée. L’objectif visé doit consister :

A concentrer les investissements rizicoles dans les grands pôles de développement situés en Basse Guinée dans les plaines de mangroves et en Haute Guinée dans les plaines alluviales le long du fleuve Niger et de ses affluents ;

A poursuivre le développement de la riziculture de bas-fonds dans la perspective de diversification y compris avec la rizi-pisciculture et les cultures de contre saison de maraîchage ;

A diffuser   les   variétés   améliorées   à   haut   rendement   en   milieu paysan pour agir sur la productivité des exploitations agricoles;

A améliorer les infrastructures socio-économiques du monde rural notamment, le réseau de pistes rurales, l’hydraulique villageoise, les aménagements hydro-agricoles, les   infrastructures de stockage, de conservation et de commercialisation.

Il faudra noter   que la même carte indique   les zones pour   les   autres cultures vivrières (maïs, manioc, pomme de terre, igname, fonio etc…), pour les agrumes, les cultures maraîchères et les fruits. Et la même approche que pour le riz peut leur être appliquée.

Selon le dernier rapport fourni par le Gouvernement, la production des principales cultures vivrières en 2016 serait de : 2, 14 millions de tonnes pour le riz paddy, 0,75 millions de tonnes pour le maïs, 0,54 millions de tonnes pour l’arachide, 1,60 millions de tonnes pour manioc.

Il faut cependant signaler que la réussite d’une telle stratégie dépend en grande partie de la forte implication des services spécialisés du Ministère de l’Agriculture (DNA, ANPROCA, IRAG, SNSA, SNPRV, DNGR) avec la collaboration d’une organisation faîtière efficace autour des   filières concernées.   Ces organisations doivent   nécessairement regrouper l’ensemble des   acteurs de chaque filière (planteurs, acheteurs, exportateurs, transformateurs et administration). L’expérience a démontré qu’une filière adossée à une telle structure (souvent dénommée Conseil National ou Confédération Nationale) a de bons résultats en matière de production sans compter une plus grande crédibilité vis-à-vis des Partenaires Techniques et Financiers.

Filières café, cacao et coton

En   s’inspirant   de   l’expérience   acquise   pour   la   relance   de   la   filière anacarde,   la   démarche   ci-   après   pourrait   être   engagée   pour accompagner les filières café, cacao et coton : Elaboration   d’une   étude   sommaire   permettant de   situer   le contexte et les zones de culture du café, du cacao et du coton en Guinée, identification des principaux acteurs, leur caractéristique et leur rôle dans la filière ; Création des Organisations faîtières du café/cacao   et du coton/anacarde dont le rôle est de coordonner toutes les actions en faveur de l’augmentation de la production et de l’amélioration de la qualité des différents produits de ces filières ; Organisation d’une large concertation entre les producteurs, les collecteurs/acheteurs, les transformateurs, les exportateurs et les Administrations publiques   concernées en vue d’identifier les contraintes liées à la production, à la transformation et   à   la commercialisation ; Mise   en   place   d’un   comité  de   suivi   des   recommandations   et décisions issues de la concertation.

Filières palmier /hévéa

S‘agissant des filières palmier/hévéa, elle sont gérées par SOGUIPAH (Société Guinéenne de Palmier à huile et d’Hévéa) depuis 1986 dans le cadre de la création d’une plantation d’une superficie de 9.000 ha dont 2.500 ha de plantations villageoises, d’une huilerie de palme,   d’une usine à caoutchouc et d’une mini- savonnerie. Les difficultés de financement n’ont pas permis à la société de réaliser son programme d’extension malgré l’octroi d’une concession agricole de 25.000 ha.

Dans le contexte actuel du marché, la démarche consisterait à privilégier le développement   du volet villageois pour améliorer le revenu des planteurs tout en consolidant les capacités industrielles de la société acheteur exclusif de leur production. Une concertation avec la Direction de SOGUIPAH permettra d’affiner la stratégie d’approche des PTF pour la recherche de financement sans exclure une cession des parts de l’Etat dans le cadre d’un partenariat public- privé.

Filière de l’arachide

Pour consolider la filière arachide dans la préfecture de Dabola, et tenant compte de la   présence dans la   zone d’une   huilerie, il est nécessaire d’organiser une concertation   entre   les   producteurs d’arachide et la Direction de l’huilerie sous l’égide de la Direction Nationale   de l’Agriculture   pour   identifier   les   contraintes   liées au manque d’approvisionnement de l’usine.

Pour rappel, quand cette huilerie a été réhabilitée par la Société CASTEL,   l’approvisionnement   en   arachide   était   garanti   pour   80.000 tonnes. Dans les faits, seulement 8.000 tonnes sont livrées de manière aléatoire entraînant la mise au chômage technique des employés, la menace de démantèlement et de délocalisation de l’usine, sans compter la baisse de revenus des paysans.

L’expérience de la filière palmier/hévéa en Guinée forestière démarrée en 1986, a permis de valider la démarche qui a abouti au bout de 10 ans, à créer un véritable pôle économique en milieu rural, dans le cadre d’un partenariat entre producteur industriel et producteurs villageois avec comme effets induits : la création et la distribution de revenus aux populations locales, la création d’emplois directs et indirects, un appel d’air pour de nombreux prestataires de services, une amélioration de l’habitât, de la santé et de l’éducation des familles, sans   oublier la production d’huile de palme et de savon, pour le marché intérieur, et de caoutchouc naturel pour l’exportation.

Avec l’approche d’une gestion optimale du terroir, le projet a favorisé l’aménagement des bas-fonds pour la riziculture (avec des rendements de 4 t de paddy à l’ha) et les cultures de contre-saison, l’aménagement des 1ères et 2èmes terrasses pour les plantations de palmier et d’hévéa et enfin la mise en défend des forêts communautaires sur les coteaux.

Je   conclurais en disant qu’une réponse durable en matière de sécurité alimentaire dépend de l’engagement politique et des mesures vigoureuses en terme d’allocations budgétaires qui seront prises pour développer le secteur rural qui regorge d’un potentiel immense ; en effet, une attention accrue en faveur de la production des cultures d’exportation et des cultures   vivrières notamment celles qui font l’objet de la consommation de masse permettrait de réduire la dépendance du pays vis à vis de l’importation de produits comme le riz et soulagerait dans le même temps sa balance des paiements et améliorerait ses réserves en devises.

 Conakry, le 2 novembre 2017

Boubacar BARRY, Ancien cadre de SOGUIPAH,

Ancien Ministre de la Pêche et de l’Elevage, Vice-Président de l’UFR

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