Messages du Président.
Touré Sidya a dit...
DE L'AJUSTEMENT STRUCTUREL
Je vous exhorte à ne pas céder à la controverse voulant lier l'ajustement à la seule volonté des bailleurs de fonds. Peut-on dire que le consultant qui recommande des solutions de sortie de crise à une entreprise en difficulté est responsable de cette situation ; ou que le syndic qui exécute la liquidation d'une société doit en assumer la faillite du fait de cette opération ? Je reste persuadé que les programmes de stabilisation et de réformes seraient nettement plus efficaces si les élites nationales le considéraient comme une nécessité, en se les appropriant dans le seul intérêt de leurs pays.
DE LA SOCIETE OUVERTE
La société ouverte est la reconnaissance de notre capacité à donner un sens à notre vie, à notre environnement. C'est un combat quotidien contre les événements que nous ne contrôlons pas, en quelque sorte un refus de la fatalité. C'est la possibilité d'améliorer constamment ce que vous entreprenez et c'est là une valeur cardinale. La société ouverte s'oppose ainsi aux sociétés fermées partisanes, religieuses, tribales, etc... qui favorisent l'exclusion.
La société ouverte qui n'est en rien l'apologie du laisser faire, offre la possibilité de défendre ces idées et ces projets dans un cadre équitable pour tous. Un cadre débarrassé des passes droits, des prébendes et autres entraves à la liberté d'entreprendre. Cette liberté doit être bien sûr valable pour tous à l'intérieur d'un même pays, mais aussi dans l'ensemble des pays de la sous-région dans le cas d'espaces communautaires. Chaque concession faite à un supporter politique, ou un notable pour services rendus est une atteinte à la compétitivité, donc au marché et à l'emploi.
DE LA SOCIETE FERMEE
En 1958, la Guinée était le premier exportateur de bananes de l'Afrique avec 120 000 tonnes. Après 20 années de société fermée en 1978, il n'y avait plus rien à exporter. C'est un exemple extrême de ce que la qualité de la gouvernance peut apporter à un pays. Je dois d'ailleurs avouer que 17 ans après la disparition de ce que l'on peut appeler la quintessence de la société fermée en Guinée, il n'y a toujours pas d'exportation de banane guinéenne.
Le 19 Juillet 2001
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