Sans que cela soit propre à la seule GUINEE, la crise de l’Etat en Afrique mérite d’être bien comprise pour mesurer l’impérieuse nécessité de le reformer pour en faire un instrument de développement en lieu et place du tragique frein à toute évolution durable qu’il est généralement devenu. Pour bien des observateurs du continent, l’échec du développement et l’échec de l’Etat sont intimement liés pour deux raisons :
Politique : l'Etat est l'instrument de la cohésion nationale, mais aussi le garant de la moralité publique ;
Economique : la croissance des dépenses de l’Etat intervient à un rythme supérieur au taux de croissance de l’économie entraînant des prélèvements toujours plus importants sur les revenus et un recours toujours plus importants aux financements extérieurs ;
Alors que certains spécialistes parlent d’un Etat prédateur, lui-même « pillé» par ses propres agents, d’autres parlent de privatisation de l’Etat aux seuls profits d’individus qui n’ont de mérite que d’être là à des postes plus ou moins importants de l’administration publique. Le principe de fonctionnement de l’Etat dans ce contexte se fonde sur la corruption, le clientélisme, le népotisme, et le tribalisme.
En dépit de graves malversations relevées lors de récents contrôles des finances publiques, aucune sanction n’a atteint des commanditaires haut placés et intouchables. La radiation avec fanfare de boucs émissaires même complices ne change en rien le système qui perdure et se perfectionne de jour en jour au détriment du développement de la Guinée.
Ce n’est guère étonnant que dans ce contexte, il ne faille pas compter sur l’Etat lui-même pour se reformer et se remettre au service du pays. La société civile et les institutions républicaines doivent être précurseurs du changement. Ces autres pouvoirs qui peuvent dans un élan patriotique se soustraire de la manipulation de l’exécutif doivent prendre les devants en dehors de toute influence corporatiste de ceux qui contrôlent les rouages de l’Etat. Cet objectif de réforme de l'Etat que nous ambitionnons améliorera le fonctionnement de l'Etat en créant de nouvelles habitudes propices au développement.
Il serait en effet naïf de penser que la seule présence des institutions républicaines suffit pour amener la lourde machine de l’Etat à se reformer. Loin s’en faut et le cas guinéen le démontre à suffisance. La banalisation des résolutions de l’assemblée nationale, le cumul des fonctions à la Cour Suprême qui tout au plus est aujourd’hui juge et partie et le rôle joué par l’appareil administratif dans les récentes consultations électorales montrent à quel enseigne l’exécutif guinéen est devenu tout puissant au détriment des autres institutions républicaines. A cela, il faut rajouter le blocage évident en ce qui concerne la libéralisation des ondes, facteur si important pour soutenir des consultations électorales transparentes.
La réforme de l'Etat est en priorité une réforme profonde des Institutions afin d'accroître l'efficacité de la gouvernance en réduisant nettement les excès et dérives que nous connaissons.
Il faut donc se rendre à l’évidence que la réforme de l’Etat qu’on a souvent confondue avec les remaniements ministériels ou avec les modifications de structure est une œuvre qui ne peut se faire que dans le cadre d’un vrai changement et jamais dans un «changement dans la continuité ». Le seul espoir qui demeure est de porter aux commandes de vraies forces de changement grâce à l’engagement des composantes de notre société.
L’Union des Forces Républicaines fait de la réforme de l’Etat une priorité ; il s'agit d'en faire un Etat catalyseur et facilitateur du développement économique et social. La réforme de l’Etat que l’UFR engagera mettra fin au clientélisme actuel si nuisible au pays.
En dehors de ces aspects déontologiques ou éthiques, la réforme de l’Etat comportera aussi une redéfinition des responsabilités avec assignation d’objectifs aux différents départements. La léthargie actuelle doit cesser, car elle ne reflète en rien les engagements bilatéraux et multilatéraux de la Guinée. A l’heure de la mondialisation, l’administration se doit d’être efficace et responsable. Une Administration efficace suppose notamment la définition de critères objectifs de recrutement et la revalorisation de la fonction publique.
L’UFR invite dans ce cadre les guinéens et guinéennes à rejoindre ses rangs pour refuser la main mise d’un groupe d’individus sur l’économie et l'administration du pays alors que la majorité des guinéens végète dans la pauvreté, l’ignorance la malnutrition ou la maladie. L’UFR mettra en œuvre une politique de moralisation progressive et de contrôle sans complaisance à tous les niveaux.
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