L’UFR va-t-elle participer à la présidentielle du 18 octobre ? La réponse de Mohamed Tall ( in Guineematin)

Au cours d’un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com ce lundi, 10 août 2020, Mohamed Tall, directeur de cabinet de Sidya Touré, a évoqué l’actualité sociopolitique du pays, dominée par les préparatifs de la présidentielle du 18 octobre prochain et la lutte du FNDC contre un troisième mandat pour le président Alpha Condé. Il a mis l’occasion à profit pour se prononcer sur les informations annonçant une participation de l’UFR à la présidentielle à venir.

L’ancien ministre de l’Elevage a commencé par parler de la convention nationale du RPG Arc-en-ciel qui, selon lui, a été un échec total. « La convention du RPG qui s’est tenue les 5 et 6 août 2020, vous avez constaté comme tout un chacun, ça a été un grand échec. Il n’y a que des thuriféraires de dernière minute qui se sont distingués dans un style propre à eux, en flattant autant qu’ils le peuvent, le président Alpha Condé. Parce qu’ils estiment qu’il est sensible à ce genre de flatteries ; et en contrepartie, ils essayeront de tirer un maximum de profit de ça. Les Guinéens ne sont pas dupes, ils le savent.

 

D’ailleurs, les véritables RPGistes qui étaient un peu en retrait, même s’ils étaient présents au Palais, sont conscients de cela également. Ceux qui se sont réellement battus pour le RPG, ceux qui se sont réellement battus pour que le professeur Alpha Condé accède au pouvoir, la plupart d’entre eux, après 10 ans de gestion, sont dans une situation de misère absolue. Je les connais suffisamment pour avoir fait un bout de chemin avec eux. C’est une marque également qui caractérise ce système. C’est l’ingratitude du régime. Ça a frappé également un certain nombre de personnes », a-t-il déclaré.

 

Selon le directeur de cabinet de l’UFR a laissé entendre que le combat du FNDC est sur la bonne et qu’il ira jusqu’au bout. « Nous estimons aujourd’hui, après près d’un an de combat du FNDC, que nous sommes sur la bonne voie, nous estimons que la constitution de 2010 est la seule en vigueur encore. Parce que vous le savez autant bien que moi, la procédure de changement constitutionnel a été totalement viciée. Et, le texte qui a été soumis au référendum n’est pas celui qui a été promulgué. Aucun des deux textes ne peut produire d’effets juridiques. Et par conséquent, c’est la constitution de 2010 qui reste en vigueur. Nous continuerons donc notre combat jusqu’à ce que nous ayons gain de cause », a assuré monsieur Tall.

 

Cette semaine, une rencontre « décisive » est prévue à Paris entre les trois principaux opposants guinéens : Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré et Lansana Kouyaté. Selon certaines informations, les trois anciens Premiers ministres pourraient décider de faire un revirement pour participer à la présidentielle du 18 octobre. Mais, Mohamed Tall parle de simples rumeurs.  « Ceux qui disent que l’UFR va se présenter à la prochaine élection présidentielle, je dis tout simplement que ce sont des rumeurs. Il n’y a absolument aucune raison valable que le président Cellou Dalein Diallo et le président Sidya Touré, s’ils se retrouvent à Paris, ne rencontrent pas le président Lansana Kouyaté.

Ils sont tous membres du FNDC, ils sont tous engagés contre le 3ème mandat ; et donc, à ce titre, c’est normal qu’il y ait une concertation entre eux. Mais, dire qu’ils sont en train de se mettre d’accord pour se présenter à l’élection présidentielle, ça, c’est ma première nouvelle. Ce que je sais, c’est qu’ils sont résolument engagés à empêcher le 3ème mandat d’Alpha Condé, donc à faire en sorte que Alpha Condé ne soit pas candidat », a dit ce proche collaborateur de Sidya Touré.

Selon lui, les conditions pour que l’UFR participe à la présidentielle n’ont pas changé. « La première condition serait d’abord que le président Alpha Condé ne se présente pas parce qu’il n’a aucun droit de le faire. Il a fait ses deux mandats, il doit s’en aller. La deuxième chose, il faut annuler ce fameux double scrutin (du 22 mars 2020). Nous ne reconnaissons pas le double scrutin. La troisième chose, il faut annuler les conséquences du double scrutin : dissoudre donc l’Assemblée nationale et ensuite revoir le fichier électoral. Et enfin, dans le cadre d’un dialogue ouvert, nous passerons en revue les différents points qui nous permettons de créer des conditions acceptables pour une élection présidentielle », a souligné Mohamed Tall.


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